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Bonne Année!

    Sans doute sommes-nous honnête quand dans une embrassade nous prononçons ces mots à l’oreille de ceux qui nous sont chers. Sans doute est-ce ce que nous voulons pour le monde au plus profond de notre cœur quand, à la volée, nous les clamons à minuit dans la liesse de la fête. Mais y-croit-on vraiment? N’est-ce pas plutôt « on va dans le mur!» qui traduit mieux notre certitude?

    Vous est-il arrivé de vous retrouver dans une situation ou rien ne va plus dans votre vie, où tout fout le camp, où les repères de sécurité et de bien-être qui étaient les vôtres disparaissent les uns après les autres, où ce qui marchait ne marche plus? Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu? Vous demandez-vous… Car évidemment vous ne voyez aucun lien de cause à effet entre votre posture habituelle face à la vie et ce qui vous arrive. Et que veut-on alors? Que tout redevienne comme avant. Résultat? Les choses en général vont de mal en pis jusqu’à ce qu’on cède et qu’on s’ouvre à « d’autres possibles »…

    J’ai bien l’impression que ceux qui gouvernent actuellement sont l’expression, sur le plan collectif, des forces conservatrices qui s’exercent en chacun de nous quand nous sommes « en crise ». Même si en apparence on peut leur attribuer toute la responsabilité de ce qui arrive, ne nous renvoient-ils pas vers notre « gouvernement intérieur » qui voudrait bien que les choses redeviennent comme avant?

    Quand individuellement nous traversons une crise, il y a souffrance aussi longtemps que nous résistons, puis libération si et quand nous acceptons de lâcher prise. Que choisira-t-on collectivement en ce XXIeme siècle? Faire tout pour retrouver le monde d’avant ou le lâcher? Et quand je dis lâcher, c’est lâcher… lâcher l’argent comme expression première de la richesse et finalité de l’action; lâcher la concurrence comme valeur socio-économique et aiguillon du progrès; lâcher le travail comme obligation pour gagner sa vie, lâcher la propriété comme droit inaliénable, lâcher l’accumulation de capital comme promesse de bonheur et de sécurité, lâcher la croissance économique comme indicateur de prospérité, lâcher la hiérarchie comme mode de gouvernance… bref, lâcher la logique de survie qui fait la réalité  du monde d’avant pour s’ouvrir à … la Vie.

Y sommes-nous prêts? Certains d’entre nous le sont et nous montrent déjà des voies. Ils sont encore peu. D’autres, et c’est je crois le cas pour la plupart, ne le sont pas encore parce qu’ils sont culturellement enfermés (et bien entretenus) dans un mode de pensée qui les conditionne à confondre vivre et survivre. Et puis… et puis il y en a pas mal, et je suis de ceux-là, qui le sont tout en ayant peur du passage dans la chrysalide. Car il s’agit bien de cela. C’est à une métamorphose que ce siècle nous appelle. Nous sommes encore chenille, de plus en plus empêtrée dans les fils du cocon, et quand bien même portons-nous en idéal le papillon, c’est la peur paralysante qui pour l’heure encore domine face à l’inconnu que représente le passage.

    Alors que le rêve du papillon habite assez notre cœur pour nous donner le courage de nous engager dans cette année ( et dans sans doute pas mal d’autres) et la certitude qu’elle ne peut qu’être bonne, quoi qu’il arrive, si chacun, à sa mesure, lâche les amarres qui retiennent à l’ancien monde et se risque au voyage vers l’inconnu.

Bonne année de métamorphose!

Philippe Derudder

mail: :derudder@lhed.fr

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